Fermeture de Centre Inffo : une disparition qui marque un tournant pour la formation professionnelle
Après cinquante années d’activité au service des acteurs de la formation professionnelle, Centre Inffo a cessé définitivement ses activités le 16 juillet 2026, à l’issue d’une procédure de liquidation judiciaire. Cette disparition, inattendue pour beaucoup, laisse un vide majeur dans l’écosystème de la formation et de l’apprentissage, tant l’organisme jouait un rôle central dans la diffusion, la compréhension et la structuration de l’information juridique et réglementaire. Centre Inffo était devenu « LA référence en termes d’informations sur la formation professionnelle ».
Centre Inffo – Un opérateur historique fragilisé par une décision budgétaire
Tout commence le 6 juin 2025, lorsque le ministère du Travail annonce qu’il ne renouvellera pas la subvention attribuée à Centre Inffo à partir de 2026. Cette dotation représentait environ la moitié des ressources de l’association : sans elle, l’équilibre financier devient impossible. Les mois suivants s’enchaînent rapidement :
- Automne 2025 : ouverture d’une procédure de sauvegarde.
- 24 décembre 2025 : un décret abroge les textes fondateurs de l’association, lui retirant son statut d’opérateur de l’État au 1er janvier 2026 .
- Centre Inffo devient alors une structure privée, sans mission de service public.
- Janvier 2026 : départ du directeur général et conversion de la sauvegarde en redressement judiciaire.
- Printemps 2026 : plan de sauvegarde de l’emploi visant 64 des 89 postes.
- 25 juin 2026 : dépôt de la demande de liquidation après l’échec de la vente des locaux.
- 16 juillet 2026 : liquidation judiciaire et licenciement de près de 90 salariés.

Une perte majeure pour les acteurs de la formation
Pour les professionnels du secteur, la disparition de Centre Inffo représente bien plus que la fermeture d’une structure : c’est la fin d’un acteur national de référence, reconnu pour :
- sa veille juridique fiable et exhaustive,
- ses repères réglementaires accessibles,
- ses dossiers thématiques,
- sa capacité à décrypter les réformes complexes,
- son rôle de centralisation de l’information.
Abel Formation, comme beaucoup d’autres, perd un partenaire essentiel pour alimenter ses propres services d’information et d’accompagnement.
Un secteur désormais plus fragmenté
La disparition de Centre Inffo ouvre une période d’incertitude :
- Les acteurs devront se tourner vers des sources privées, souvent plus coûteuses.
- La qualité et la cohérence de la veille pourraient varier d’un organisme à l’autre.
- Les petites structures risquent de rencontrer davantage de difficultés pour accéder à une information fiable et actualisée.
- Les Carif-Oref régionaux devront renforcer leur rôle pour combler ce vide national.

Ce que cela signifie pour les professionnels
Pour les organismes de formation, les CFA, les entreprises et les consultants, cette fermeture implique :
- une réorganisation des pratiques de veille,
- une vigilance accrue sur la qualité des sources,
- un besoin de mutualisation entre acteurs pour maintenir un niveau d’information homogène,
- une opportunité de développer de nouveaux outils de documentation plus collaboratifs.
Conclusion
La fermeture de Centre Inffo marque la fin d’une époque pour la formation professionnelle en France. Au-delà de l’émotion, elle oblige le secteur à repenser ses modes d’accès à l’information, à renforcer les coopérations et à inventer de nouvelles façons de décrypter les évolutions réglementaires. Un défi majeur, mais aussi une occasion de moderniser les pratiques de veille et de documentation.







